Histoire des topo-guides de ski

H
C

et article retrace 45 ans d’histoire du topo-guide de ski et, à travers elle, les changements qui se sont opérés dans notre façon d’aborder et de traiter des courses hivernales.

Naissance des premiers guides dans les années 1960

À ma connaissance, le premier topo-guide entièrement consacré au ski de randonnée est le livre de Claude et Philippe Traynard publié en 1966 par Arthaud. Intitulé « Alpes et neige – 101 sommets à ski », le livre offrait 101 courses sur « toutes les Alpes françaises, du Faucigny à la Vésubie ». Richement illustré de photographies de bonne qualité en noir et blanc, avec une bonne couverture cartonnée, le livre tiendrait presque plus du beau livre de montagne que l’on range dans sa bibliothèque que du topo-guide que l’on glisse dans son sac à dos. Qui dit premier ouvrage, dit aussi première classification des pentes. Les auteurs adoptèrent la cotation dite « Blachère » (du nom de son inventeur Gérard Blachère qui l’a proposa dans les années 1940). Ce système de cotation était notamment employé dans le « guide du massif des Écrins « par Lucien Devies et Maurice Laloue (Arthaud, 1951), qui comportait un chapitre sur l’alpinisme hivernal et le ski, qui comporte trois classes de difficulté :

  • SM : skieur moyen. Les auteurs précisaient « un skieur moyen doit pouvoir évoluer sur des pentes modestes (20°) en plaçant son virage au lieu qu’il s’est proposé. Il doit savoir effectuer facilement les conversions à droite et à gauche. »
  • BS : bon skieur. « un bon skieur évolue sur des pentes soutenues (30°), quelle que soit la neige. Il peut ajuster sa trace avec exactitude et une bonne technique du dérapage lui permet d’aborder sans frayeur de courts passages très raides. »
  • TBS : très bon skieur. « Le très bon skieur n’a aucun problème de technique et aborde les pentes très raides et les couloirs étroits avec la certitude d’y trouver un réel plaisir. »

Ils ajoutaient le qualificatif A pour signaler des difficultés alpines, essentiellement glaciaires. Il faut ajouter quelques mots sur les époux Traynard. Philippe Traynard (1916–2011) était un universitaire grenoblois. Issu de la prestigieuse école normale supérieure d’Ulm en 1942 (Le site de l’INPG lui rend un vibrant hommage), il quitta rapidement la capitale pour Grenoble, où il fit l’essentiel de sa carrière. Brillant scientifique, il fut aussi associé au développement de l’institut polytechnique de Grenoble comme directeur de l’école de papeterie, puis président de l’INPG. Il s’investit dans d’autres activités : président de la section Isère du Club alpin français, président de la fédération française de la montagne, membre de conseils d’administration de parcs nationaux, président de l’Association nationale d’étude de la neige et des avalanches, créateur de la Grande traversée des Alpes (GTA) (voir l’article d’Isabelle Mauz). Malgré cette vie professionnelle bien remplie, il ne sacrifia pas sa vie de famille, plus particulièrement ses sorties en montagne avec son épouse Claude. Venu sur le tard à la pratique de la montagne, le couple Traynard s’adonna toutes les fins de semaine à la pratique de la montagne. Il confiait « J’arrivais le lundi matin en cours les yeux marqués, mais pour rien au monde je ne me serais passé de ces escapades hebdomadaires, qui me permettaient d’oublier les soucis du quotidien et de me rapprocher de l’essentiel. »

Les époux Traynard publièrent aux éditions Arthaud deux autres guides : « Cimes et neige, 102 sommets à ski » (1971) et « 103 courses » (1985). Plusieurs nouveautés y sont apparues : des planches de photographies en couleur, des remarques et de petits encarts précisant des notions variées (l’ophtalmie, la neige, le bivouac, etc.), et une nouvelle cotation en sus de la cotation Blachère. Philippe Traynard proposa 6 degrés de difficulté, qui dépendant essentiellement de la pente : S1 routes, S2 vallonnements, S3 pentes larges jusqu’à 35°, S4 pentes fortes de 35° à 45° étroites ou exposées, S5 pentes très fortes ou très exposées, S6 au-delà de 45°.

Développement des guides des années 1980 aux années 2000

Premiers guides régionaux

François Labande a marqué l’histoire des topo-guides en fournissant la première collection de guides régionaux. Ingénieur de formation (sorti de la prestigieuse Sup’Élec à Paris), il a pourtant préféré les chemins de traverse à une carrière toute tracée. Abandonnant assez tôt l’ingénierie pour devenir professeur de mathématiques, il parvint à se dégager du temps libre pour vivre pleinement sa passion : la montagne, l’alpinisme, mais également le ski qu’il découvrit sur le tard, puis l’édition et la littérature de montagne. Son engagement se poursuit pour de grandes causes telles que la protection de la montagne (avec la fondation de Mountain Wilderness en 1988). Son premier livre consacré au ski de randonnée est publié en 1983 aux éditions Arthaud. Intitulé « ski sauvage », l’ouvrage est centré sur des itinéraires en Haute-Savoie. Professeur à Évian, il écuma tout son secteur durant de nombreuses années.

Quand il commença à écrire son premier livre sur le ski de randonnée, Labande avait déjà acquis une expérience considérable sur la confection de topo-guides. En effet, il avait participé sous la houlette de Lucien Devies aux topo-guides d’alpinisme pour le massif des Écrins dans les années 1960 et 1970. Dans son autobiographie (Labande, F., Traces écrites, Éditions Guérin, Chamonix, 2011.), Labande raconte qu’il avait retenu de cette expérience plusieurs grandes idées : l’importance d’un réseau de contacts pour collecter l’information sur les « premières », la plus-value apportée par un support photographique de qualité, et l’intérêt du lecteur à trouver des anecdotes ou des histoires en parallèle aux descriptions techniques, souvent austères. Il s’équipa notamment d’appareils photographiques professionnels et soigna les poses pour obtenir des clichés. Il raconte aussi que son souhait initial était de sortir un album de photographies en grand format, mais l’éditeur l’avait renvoyé sur un format plus vendeur. Le choix du titre l’a également occupé. Fallait-il parler de « ski de montagne » comme les Traynard, de « ski de printemps » comme c’était l’usage à l’époque, de « ski de randonnée » qui donnait une image de course sans difficulté, de « ski alpinisme » ? Il se décida finalement pour « ski sauvage ». Un autre sujet qui portait à discussion était le système de cotation. Reprenant l’idée une classification étendue comportant 6 degrés (comme celle introduite par Traynard en 1971), il proposa l’introduction d’une échelle similaire à la cotation Welzenbach employée en alpinisme : F (facile), PD (peu difficile), AD (difficile), D (difficile), TD (très difficile), et ED (extrêmement difficile). Anselme Baud suggéra la même échelle dans son livre paru chez Denoël en 1983. Enfin, quel public devait-on viser ? Fallait-il décrire des pentes pour « skieur de l’impossible » pour reprendre le surnom donné au skieur valaisan Sylvain Saudan ? ou bien se limiter à des pentes pour le commun des skieurs ? François Labande (là encore comme Anselme Baud) ne présenta que des courses qu’il avait lui-même parcourues, ce qui limita le niveau des courses très difficiles (la course la plus difficile était cotée D+).

Si « ski sauvage » sera le seul livre publié par Arthaud dans cette veine, Labande publia d’autres ouvrages aux éditions Olizane à Genève. Avec Évian comme camp de base, il sillonna tous les sommets de Suisse occidentale et de Haute Savoie. Il publia ainsi « Ski de randonnée, Ouest-Suisse » (1986), « Ski de randonnée, Valais Central » (1989), « ski de randonnée — Haute-Savoie, Mont-Blanc » (1990), puis « ski de randonnée — Haut Valais » (1992). Tous les livres furent des succès de librairie (dans ce genre), mis à jour et réédités à plusieurs reprises.

Les cent plus belles

Au début des années 1970, le célèbre alpiniste Gaston Rébuffat (1921-1985) publia deux topo-guides sous forme d’album grand format, qui offrait une sélection de courses dans le massif des Écrins et du Mont-Blanc. Outre leur aspect de beaux livres, ces deux opuscules semblaient inscrire sur le papier la progression que devrait être celle de tout apprenti-alpiniste pour maîtriser son art et atteindre les plus belles cimes. Le style inimitable de Rébuffat et la richesse des illustrations contribuèrent au succès fulgurant de ces deux albums, maintes fois réédités. Fort de ce succès et investi par la maison Denoël pour diriger une collection, Rébuffat étaya la série par plusieurs ouvrages consacrés à l’alpinisme dans les massifs alpins. En 1983 sortit le premier tome consacré au ski : c’est le grand guide et skieur extrême Anselme Baud qui inaugura la série avec « les Alpes du Nord à skis », une sélection de courses de tout niveau dans les Aravis, le massif du Mont-Blanc, le Chablais, le Beaufortain, et le Faucigny. Il fut bientôt suivi par un autre guide, André Bertrand, qui publia en 1984 « le haut Dauphiné à skis », une sélection de courses entre Isère et Alpes-de-Haute-Provence. Après le décès de Gaston Rébuffat, la collection fut achevée avec la publication des trois derniers ouvrages : « les Alpes valaisannes à skis » de Denis Bertholet (1987), « les Alpes du Sud à skis » de Jacques Audibert (1988), et enfin « l’Oberland bernois à skis » de Daniel Anker et Hans Grossen (1990).

Ces albums ont eu une diffusion commerciale considérable et un certain succès de librairie. Chose étonnante, la maison Denoël ne voulut plus poursuivre l’aventure et, si elle continue de rééditer les guides d’alpinisme de Rébuffat, les cinq ouvrages consacrés au ski n’ont plus été réédités. Sur le marché de l’occasion, certains de ses ouvrages atteignent une bonne côte (plus de 100 €), signe qu’ils sont toujours aussi recherchés par les amateurs.

La collection des « cent plus belles » reprend le système de cotation Blachère. Il y a assez peu d’innovations quant à la présentation par rapport aux livres de Traynard, mais quelques améliorations :

  • les ouvrages sont plus richement illustrés de photographies ;
  • l’avant-propos offre plusieurs articles généraux sur l’histoire du ski dans la région en question, la neige et les avalanches, la technique alpine, etc.
  • des croquis nombreux fournissent des schémas en perspective alors que dans les trois ouvrages de Traynard, seul un croquis cartographique illustrait le descriptif de la course.

Les grandes traces

Peut-être pour entrer dans la course face à Arthaud et Denoël, la maison d’éditions grenobloise Glénat sort une collection intitulée « les grandes traces » en 1984, sous la direction de Hubert Odier. Le directeur de collection et son frère (Bernard Odier) sortent le premier volume « à ski de l’Autriche à la méditerranée », à la fois récit de leur odyssée — sur les traces de Léon Zwingelstein (1933) et Walter Bonatti (1956) — et descriptif technique et logistique de ce raid au long cours. La même année, Glénat publie un topoguide sur le massif du Mont-Blanc, traduit de l’ouvrage italien de Lorenzo Bersezio et Piero Tirone. L’année suivante est traduit de l’italien le livre de Bersezio et Tirone « Grand Paradis, Vanoise, Oisans ». Toujours en 1985, le regretté Pierre Chapoutot sort un topoguide sobrement intitulé « en Savoie ». Alpiniste français de talent (on lui doit de nombreuses premières dans le massif des Écrins), celui qu’on désignait par « Chaps » était un professeur d’histoire et géographie. Le goût de l’histoire, mais également le plaisir de l’écriture sont deux marques de fabrique de cet homme à part. Il fut emporté par une avalanche dans son jardin savoyard en janvier 2006. Tant sur la présentation que sur la structure, les ouvrages restent proches de la série lancée par les Traynard.

L’épopée Shahshahani

En 1984, Jean-Pierre Bonfort et Volodia Shahshahani publient aux éditions Didier Richard un guide de randonnées autour de Grenoble : « Ski alpinisme : de la balade d’initiation au ski extrême — 89 randonnées autour de Grenoble ». L’une des innovations de l’ouvrage est le ton très loin des guides austères et doctes. Le choix de courses est ici agrémenté de nombreuses anecdotes, de souvenirs de course, de rencontres cocasses. Outre le dénivelé et l’inclinaison, le descriptif comporte une cotation de type Welzenbach ainsi qu’un indice sur l’exposition en cas de chute. Le livre fut un succès de librairie et on peut dire, sans trop exagérer, qu’il fut une bible pour les pratiquants de la cuvette grenobloise pendant de très nombreuses années. Les deux compères continuèrent leur chemin séparément. En 1988, Jean-Pierre Bonfort sortit un petit guide de poche chez Glénat : « pentes raides et couloirs des Alpes françaises » est le premier livre entièrement consacré à la pente raide (Gérard Chantriaux, un des pionniers du ski extrême dans le Brainçonnais et le massif des Écrins, avait auto-édité en 1985 un topo guide « Des pentes raides au ski extrême… des idées de courses dans les Hautes-Alpes ». Il ne s’agit toutefois pas d’un livre sur le ski extrême. L’auteur balaie relativement large : des pentes moyennement soutenues comme l’Aiguille des glaciers aux pentes franchement raides comme le couloir Whymper à l’Aiguille verte.

En 1997, Volodia Shahshahani innove avec le premier volume d’une série de topo-guides régionaux. Ce tome est consacré logiquement à Belledonne, logiquement car c’est le massif qu’il côtoie tout le long de l’année et que Grenoble est aussi une capitale du ski de randonnée tant les pratiquants sont nombreux. Les innovations sont nombreuses :

  • Shahshahani crée sa propre maison d’éditions Volopress pour publier ses guides qu’il appelle \emph{toponeige}. Ce n’est pas sur un coup de tête qu’il se lance dans l’aventure. Il avait déjà pas mal bourlingué, accumulant notamment une certaine expérience dans le journalisme et le milieu de l’édition. En 2001, il crée aussi un site web en lien avec les publications, qui offre tout à la fois un aperçu sur les conditions nivo-météorologiques, un compte-rendu des dernières courses, et un forum de discussion.
  • Volodia Shahshahani propose une échelle de cotation ouverte avec deux indices pour la descente :
  • le premier indice concerne la difficulté pure et comporte 5 niveaux, eux-mêmes subdivisés en trois sous-niveaux excepté la cotation 5, qui en comporte 6 à ce jour, mais reste non limitée. Le ski de niveau 1 correspondant au ski d’initiation, le ski 2 présente de légères difficultés techniques (par exemple des pentes pouvant localement atteindre 35°), le ski 3 présente des difficultés techniques (pentes jusqu’à 45° localement, terrain accidenté), le ski 4 marque le début du ski de pente raide (pente soutenue d’au moins 40° sur plus de 200 m de dénivellation), le ski 5 est le domaine du ski extrême ;
  • un second indice renseignement sur l’exposition, c’est-à-dire le risque encouru en cas de chute. Cet indice comporte quatre niveaux : exposition 1 (normalement sans risque de mort), exposition 2 (blessures possibles), exposition 3 (mort probable), exposition 4 (mort certaine). Pour une course donnée, l’exposition réelle dépend naturellement des conditions de neige rencontrées le jour où la course est réalisée. L’échelle est donc pensée surtout pour des conditions de neige délicates (neige dure), pour lesquelles il est difficilement possible d’enrayer une chute sur des pentes dépassant 35°.
  • Les éditions Volopress ont publié 13 toponeiges (fin 2011, avec un quatorzième en route). Chaque tome couvre un massif ou un groupement de massifs. C’est donc à ce jour la collection la plus complète des Alpes françaises.
  • Les topoguides comprennent de nombreuses photographies en couleur, qui soit fournissent une vue générale avec indication de l’itinéraire, soit illustrent une scène d’action. La description de l’itinéraire est souvent accompagnée d’idées de variante et d’anecdotes relatant une expérience vécue par l’auteur ou un point culturel/historique.
  • Un site internet (www.volopress.net) a été créé en 2001 et, outre une base données des sorties réalisées par les membres, fournit des informations générales sur les conditions de neige, le matériel, ainsi que des billets d’opinion.

La touche poétique de Christophe Hagenmuller

Christophe Hagenmuller (qui avait déjà participé à un topoguide chez Volopress) s’auto-édite et sort sa propre collection de topoguides « les plus belles traces », avec en 2006 sort un premier ouvrage consacré au Beaufortain, puis en 2008 à la Vanoise, et en 2010 le massif du Mont-Blanc. Par rapport à ses prédécesseurs, Christophe Hagenmuller fait un effort considérable sur la présentation :

  • ouvrage grand format 32×27 cm (à titre de comparaison un topoguide Volopress mesure 16×10 cm) ;
  • touche poétique certaine avec des photographies sur la vie animale, des paysages, ou des scènes d’action ;
  • reproduction des cartes IGN.

Le topoguide n’est plus une aride description de courses, mais devient le prétexte à un plaisir esthétique, plaisir des yeux lors de la contemplation de magnifiques clichés, mais également — telle la madeleine de Proust — une formidable machine à réveiller les souvenirs pour ceux parmi les lecteurs, qui ont déjà parcouru les pentes décrites.

Si les topoguides de Hagenmüller restent une exception dans le petit milieu des livres techniques, il faut quand même signaler quelques précédents comme le livre de Robert Bösch « Faszination Schnee » oublié en 1988 par Kümmerly+Fey (traduction française aux éditions 24 heures) et qui offrait une sélection de grandes courses à skis dans les Alpes suisses, « grandes courses » étant ici à comprendre sous l’angle de l’aspect esthétique de la course plus que sa difficulté technique. En 2004, Mario Colonel et Jean-René Minelli publiaient « les plus beaux raids à skis » aux éditions Arthaud. Là encore la dimension esthétique est primordiale (les auteurs allant jusqu’à mettre les descriptifs techniques des raids dans une annexe pour se centrer sur l’idée-force du raid).

Les guides du CAS

En 1978, le Clup alpin suisse (CAS) publie un premier topoguide en français sur le ski de randonnée en Valais. L’ouvrage suit la logique des ouvrages précédents publiés par le CAS pour les courses d’alpinisme : description sobre et réduite au minimum, planches de photographies en noir et blanc, mais report des itinéraires avec référencement sur des cartes de SwissTopo à l’échelle 1 : 50 000. Longtemps sans autre déclinaison, ce livre a vu l’arrivée d’autres tomes dans les années 2000 avec l’explosion du ski de randonnée. Ralph Schnegg et Daniel Anker sortent un tome sur les Alpes fribourgeoises et vaudoises en 2008 tandis que Georges Sanga met à jour le tome sur le Valais. En 2003, Fabrizio Scanavino, Fritz Gansser, et Willy Auf der Maur avait également publié un ouvrage général offrant une sélection des plus belles courses de Suisse.

Et les autres

Le présent article ne prétend pas à l’exhaustivité. Plusieurs maisons d’édition se sont essayées aux topoguides. Dans les années 1970, on peut citer les éditions Didier Richard, bien connues à l’époque pour leurs cartes de randonnée au 1 : 50 000 et leurs guides de randonnée pédestre. Jean-Jacques Martin et Léon Martin sortirent un recueil de randonnées à pied et à skis pour les massifs de la Chartreuse, de Belledonne, et Maurienne. Le livre connut un certain succès. L’éditeur marseillais Édisud se lança aussi dans l’aventure, notamment avec le très bon « ski de randonnée en Basse-Maurienne » de Michel Salyn et Jean-Yves Reffet, qui nous promenait entre Lauzière et Belledonne. Par son côté sobre, la richesse des illustrations, l’étendue des courses proposées pour une même région, ce livre préfigurait les topoguides Volopress.

L’avènement des sites internet

Dans les années 1990, puis 2000, internet va connaître un développement fulgurant, aidé en cela par l’arrivée de technologies nouvelles permettant des hauts débits sur une grande partie de l’Europe. Dans les premiers temps (début des années 1990), internet est surtout utilisé dans les universités et ce n’est pas un hasard si la plupart des sites liés au ski de randonnée ont été développés par de jeunes étudiants ou des universitaires.

Le premier site d’importance (skirando.ch) a été créé en 1997 par un jeune doctorant de l’EPFL, Claude Philipona. Ce site était d’abord conçu comme plate-forme d’échange entre skieurs romands, mais il connut un essor rapide compte tenu de l’intérêt croissant de l’espace francophone. En 2001, Claude Philipona créa une société d’édition de composants logiciels libres, notamment pour la gestion de l’information géographique. La société camptocamp est toujours hébergée sur le campus de l’EPFL (parc scientifique de l’EPFL). Le site a aujourd’hui pris le nom de la société mère (www.camptocamp.org) et est devenu international, avec des forums et des bases de données en plusieurs langues. Il s’est également ouvert vers d’autres pratiques comme l’escalade, l’alpinisme, et la randonnée pédestre.

Quelques années plus tard (2001), Volodia Shahshahani créa son site. Si le principe semble voisin de son aîné skirando.ch, il en diffère notablement sur plusieurs points. Le site volopress est adossé à la maison d’édition du même nom. Si le site est collaboratif, il n’est pas entièrement ouvert : rédaction de sortie ou d’avis et articles n’est pas permise à tout internaute, mais nécessite une cooptation. L’objectif est, semble-t-il, d’avoir la main mise sur la qualité des informations et des opinions transmises et éviter les dérapages vues sur d’autres sites (jusqu’à la mise en place de modérateurs).

C’est encore un grenoblois, Jeroen Zijp, qui créa un site de référence : lancé en 2005, le site est devenu en 2007 skitour.fr. C’est un acteur majeur de l’espace web. Outre les classiques bases de données relatives aux sorties et itinéraires, le site offre plusieurs rubriques telles que revue de presse, proposition de sortie/covoiturage, des fiches sur le matériel de montagne et les livres, de petites annonces, un espace pour les blogs des membres. Le succès est tel qu’il n’est pas rare de voir jusqu’à 200 internautes connectés au site en même temps.

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